Deux mouvements ont contribué à l'émergence de l’idée de développement durable. Le premier a trait à la remise en question, dès la fin des années soixante, des politiques occidentales de développement au Sud. Le second exprime des craintes quant à l’impact de l’activité humaine sur l’environnement naturel. Tous deux proposent une même critique du modèle de développement compris comme croissance économique libérale: afin de tenir ses promesses, le développement économique doit aller de pair avec un souci de justice sociale globale et avec une préoccupation forte pour l’environnement naturel dans lequel tout développement humain prend place. C’est précisément cette triple contrainte que le concept de développement durable exprime et tente de faire coexister. Après vingt ans de réflexion et de projets, il apparaît que les trois exigences du développement durable ne peuvent être satisfaites également et simultanément. Au programme unifié, mais idéalisé, se substituent, dans les faits, des stratégies plus spécifiques selon les priorités accordées aux trois objectifs du développement durable. Le véritable débat concerne les stratégies les plus adéquates pour concilier nos différentes intuitions relatives au développement économique, au respect de notre environnement naturel et à la justice sociale. Ainsi, à l’heure où le projet ambitieux du développement durable est affaibli par son flou sémantique mais aussi par la multiplicité de ses acteurs, aux orientations et desseins parfois incompatibles, ce livre propose des éléments d’analyse critique de différentes stratégies de développement durable et vise à cerner les enjeux majeurs d’un projet qui, malgré ses imperfections et ses contradictions, garde toute sa légitimité d’être, et d’être pensé. Ont contribué à cet ouvrage: Christian Arnsperger, Christian Coméliau, Alexandra de Heering, Jean-Marie Harribey, Bertrand Hespel, Stéphane Leyens, Charlotte Luyckx, Xavier Thunis, Franck-Dominique Vivien et Edwin Zaccai.
Table des matières
Avant-Propos
Anne Roekens et Bénédicte Rochet
Première partie : Plongée au coeur des mobilisations
Mobilisations (anti) féministes autour de l'affiche 'We Can Do It' (1942)
Florence Kaczorowski
Les usages des images dans les défilés officiels des régimes socialistes en RDA
Jérôme Bazin
Les photographies des manifestations pour les droits des personnes handicapées en Argentine, au Brésil et en Espagne, années 1970
Gildas Brégain
Comment transmettre l'image d'une « révolution à visage humain » ? Le cas du mouvement de solidarité avec le Nicaragua sandiniste
Charles Roemer
Deuxième partie : Des mouvements sur grand écran
Les enseignants à l'image. Représentations iconographiques et audiovisuelles du mouvement enseignant en Belgique francophone (1995-1996)
Catherine Lanneau
Représentations mobilisatrices et stratégies visuelles pour convaincre et fédérer dans les productions vidéo de la Tunisie en révolution
Ulrike Lune Riboni
(De)Mobilizing Description ? Television News Coverage of Protest and the dWUNCness of Collective Action
Ruud Wouters et Stefaan Walgrave
Troisième partie : Le monde ouvrier en images
L'image au coeur de la mobilisation ouvrière dans les années 1970. Le cas des pochettes des disques 45 tours
Nicolas Verschueren
Les reportages audiovisuels et la construction d'une esthétique du mouvement social chez Ducellier : mobilisation ou distanciation
Nathalie Ponsard
Un ouvrier « burlesque » a-t-il sa place dans le cinéma éducatif syndical ? Débats autour d'un film de l'Institut international des films du travail (1958-1965)
Françoise F. Laot
Regard sur « la décoration grandiose » de Forces murales et Métiers du Mur pour le trentième anniversaire du Parti communiste de Belgique
Camille Baillargeon
Les représentations photographiques des chantiers navals. Diversité des auteurs et symbolique du pouvoir dans l’entreprise
Xavier Nerrière
Quatrième partie : Des mouvements à la une
La presse illustrée du mouvement des travailleurs italiens. Langages, modèles et techniques de propagande (1892-1914)
Anna Pellegrino
Le fonds iconographique du journal La Cité et les mouvements sociaux : 45 années de combat quotidien. Le cas de la question scolaire de 1955
Florence Loriaux et François Welter
Conclusion
Agir avec les images, créer l’espace public
André Gunthert
La Première radio - Un jour dans l'histoire - interview de Anne Roekens
Un jour dans l'Histoire - La Première - 09/03/2016
Nous sommes le 5 mars 1960. A La Havane. Un million de personnes assistent au cimetière de Colón, à l'un des discours de Fidel Castro. Il s'agit d'honorer les victimes de l'attentat attribué à la CIA contre le cargo français La Coubre qui déchargeait, la veille, des armes achetées par Cuba à la Belgique. Présent ce jour-là, le photographe Alberto Korda. Il prend des photos de l'événement, dont une qu'il offrira à Giangiacomo Feltrinelli, éditeur italien en voyage à La Havane. Sept ans plus tard, le 9 octobre 1967, Ernesto « Che » Guevara est abattu par l'armée bolivienne. Feltrinelli ressort la photo prise par Korda, il en fait tirer un million de posters qu'il revend 5 dollars pièce. Il s'agit sans doute de l'une des plus célèbres photos de l'histoire, elle représente le Che, vêtu d'un treillis militaire recouvert d'un blouson, un béret avec une étoile enfoncé sur la tête.
Le rôle de l'image, de l'iconographie dans les mouvements sociaux du vingtième siècle, c'est ce que nous allons voir aujourd'hui. Invitée : Anne Roekens, docteure en histoire, professeure à l'Université de Namur (Histoire contemporaine). « Quand l'image (dé)mobilise-Iconographie et mouvements sociaux au XXe siècle ».