Une position sert de point de départ à cette étude : celle de considérer que les langues signées illustrent, selon le même principe que toutes les autres langues, la capacité langagière. L’ouvrage déploie une explication du fonctionnement morphologique, syntaxique et énonciatif d’une langue signée qui souligne à quel point l’étude de la modalité visuo-gestuelle soutient et éclaire le linguiste dans sa tentative de compréhension du langage. Le parcours proposé par cette première étude de la langue des signes francophone de Belgique (LSFB) suit comme guide principal le regard du signeur, dont il est montré qu’il joue un rôle cardinal dans l’ordonnancement de la langue. La prise en compte de la relation qui s’établit entre les mains et le regard du signeur permet d’abord de décrire la systématique de la construction des références déictiques et anaphoriques en LSFB. Ensuite, elle ouvre vers une étude des spécificités morphologiques et syntaxiques de cette langue, qui est aussi l’exposé d’une méthode d’analyse affranchie de toutes les catégories et les notions étrangères à celles que fournit la logique grammaticale de la langue étudiée. Enfin, trois structures de la LSFB illustrent une modalité de relation syntaxique dénommée ‘anaphore syntaxique’ ; leur complexité syntaxique s’allie à la subtilité des effets polyphoniques qu’elles mettent en jeu et dans lesquels le comportement du regard, une fois encore, est un indice central. Si la LSFB est visée au premier chef par ce travail explicatif, les outils théoriques mis en place pour son développement suscitent la mise en question de descriptions établies par l’étude d’autres langues signées: sont notamment revisitées les notions de ‘classificateur’ et de ‘transfert personnel’. En outre, comme le prévoit la perspective de linguistique générale et contrastive adoptée au départ de cette recherche, la prise en compte de la modalité visuo-gestuelle du langage constitue une dynamique heuristique offrant certains prolongements aux modèles linguistiques utilisés et conviant à porter un regard neuf sur une langue orale de tradition linguistique longue comme l’est le français. Ce livre s’adresse bien sûr aux chercheurs, enseignants et étudiants intéressés par l’analyse linguistique des langues signées, mais aussi à tous ceux qui sont sensibles à ce que le langage nous révèle sur l’humain.
L'utilisation de l'image dans les mouvements sociaux du vingtième siècle - Anne Roekens
Un jour dans l'Histoire - La Première - 09/03/2016
Nous sommes le 5 mars 1960. A La Havane. Un million de personnes assistent au cimetière de Colón, à l'un des discours de Fidel Castro. Il s'agit d'honorer les victimes de l'attentat attribué à la CIA contre le cargo français La Coubre qui déchargeait, la veille, des armes achetées par Cuba à la Belgique. Présent ce jour-là, le photographe Alberto Korda. Il prend des photos de l'événement, dont une qu'il offrira à Giangiacomo Feltrinelli, éditeur italien en voyage à La Havane. Sept ans plus tard, le 9 octobre 1967, Ernesto « Che » Guevara est abattu par l'armée bolivienne. Feltrinelli ressort la photo prise par Korda, il en fait tirer un million de posters qu'il revend 5 dollars pièce. Il s'agit sans doute de l'une des plus célèbres photos de l'histoire, elle représente le Che, vêtu d'un treillis militaire recouvert d'un blouson, un béret avec une étoile enfoncé sur la tête.
Le rôle de l'image, de l'iconographie dans les mouvements sociaux du vingtième siècle, c'est ce que nous allons voir aujourd'hui. Invitée : Anne Roekens, docteure en histoire, professeure à l'Université de Namur (Histoire contemporaine). « Quand l'image (dé)mobilise-Iconographie et mouvements sociaux au XXe siècle ».
La Première radio - Un jour dans l'histoire - interview de Anne Roekens
Un jour dans l'Histoire - La Première - 09/03/2016
Nous sommes le 5 mars 1960. A La Havane. Un million de personnes assistent au cimetière de Colón, à l'un des discours de Fidel Castro. Il s'agit d'honorer les victimes de l'attentat attribué à la CIA contre le cargo français La Coubre qui déchargeait, la veille, des armes achetées par Cuba à la Belgique. Présent ce jour-là, le photographe Alberto Korda. Il prend des photos de l'événement, dont une qu'il offrira à Giangiacomo Feltrinelli, éditeur italien en voyage à La Havane. Sept ans plus tard, le 9 octobre 1967, Ernesto « Che » Guevara est abattu par l'armée bolivienne. Feltrinelli ressort la photo prise par Korda, il en fait tirer un million de posters qu'il revend 5 dollars pièce. Il s'agit sans doute de l'une des plus célèbres photos de l'histoire, elle représente le Che, vêtu d'un treillis militaire recouvert d'un blouson, un béret avec une étoile enfoncé sur la tête.
Le rôle de l'image, de l'iconographie dans les mouvements sociaux du vingtième siècle, c'est ce que nous allons voir aujourd'hui. Invitée : Anne Roekens, docteure en histoire, professeure à l'Université de Namur (Histoire contemporaine). « Quand l'image (dé)mobilise-Iconographie et mouvements sociaux au XXe siècle ».